Buzzeff, la startup marocaine qui a séduit le Moyen-Orient

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« A Dubaï, on a perdu beaucoup d’argent pendant 18 mois » ne cache pas Jérôme Mouthon, le fondateur de Buzzeff, une startup marocaine qui propose un format publicitaire innovant, entre vidéo et bannière.

Pour l'entrepreneur, il est important de remettre les pendules à l’heure : se développer dans de nouveaux pays, surtout Dubaï, est extrêmement compliqué.

Depuis sa création en 2011 à Casablanca, la startup publicitaire Buzzeff a ouvert un bureau à Dubaï et opère au Maghreb, à Dubaï, en Arabie Saoudite, au Qatar et commence à s’attaquer à l’Afrique sub-saharienne. Mais pour arriver à ce résultat, il a fallu prendre des risques. 

Dubaï, un eldorado qui se mérite

Jérôme Mouthon a commencé à travailler le marché dubaïote en août 2012. En octobre, il y loue un bureau mais il lui faudra attendre janvier 2013 pour obtenir la licence qui lui permit d’exercer une activité commerciale à Dubaï.

L’entreprise offre aux annonceurs un format publicitaire innovant : une vidéo insérée entre deux paragraphes d’un article sur la même thématique que la vidéo et qui ne se déclenche que si le lecteur clique sur play. L’annonceur n’est facturé que si la vidéo est vue jusqu’au bout.

Fin 2014, l’entreprise dubaïote devient rentable. Fin 2016, l’entreprise commence réellement à tirer des profits. « On va pouvoir mettre un pourcentage de notre chiffre d’affaire en ebitda » s’enthousiasme le PDG qui peut se vanter de compter parmi ses clients aussi bien Chanel que Shell.

Jérôme Mouthon s'attaque désormais à l'Arabie Saoudite. (Image via Buzzeff)

Devenir rentable aura pris autant de temps qu’au Maroc mais aura été beaucoup plus violent estime t-il. 

« Au Maroc, tu peux réduire les effectifs, faire le dos ronds et patienter » explique l’entrepreneur, car la vie et les loyers ne sont pas chers. A Dubaï, ce n’est pas possible. « Là-bas, il faut que tu existes et que tu ais [du personnel] » continue t-il, et les salaires à Dubaï coûte chers. 

Les locaux sont souvent trop grands, et donc les loyers trop élevés, car imposés par la zone franche dans lesquelles les entrepreneurs  s’installent, Dubai Internet City pour Buzzeff.

S'il n’y a pas d’impôts à payer, il y a en revanche de nombreux permis à payer et de coûts supplémentaires. 

Et puis la concurrence est grande et l’expertise, apportée notamment par les étrangers installés dans l’émirat, importante continue t-il.

 « A Dubaï, tu n’es pas au fin fond de l’Algérie, tout le monde connaît le web, tu ne bullshites pas » insiste t-il.

Pour Jérôme Mouthon, il fallait être sur place pour convaincre de son sérieux et professionalisme, surtout dans ce métier. « Tous les jours, les commerciaux vont dans les agences et discutent avec tout le monde. C’est un travail au quotidien. » 

Le bureau de Dubaï compte près de dix personnes, ayant presque tous dix ans d’expérience dans le pays.

« Les cultures sont différentes, la façon de dealer au Maroc, n’est pas du tout la même qu’en Algérie […] et n’a pas absolument rien à avoir avec la méthode qu’il y a en Arabie Saoudite » estime t-il. Les entreprises doivent connaître chacun des marchés dans lesquelles elles évoluent.

Pour gagner en crédibilité, l’entrepreneur s’est aussi tourné vers la presse. 

La presse pour imposer son nom

« Les RP dans nos pays sont hyper importants. Il y a encore des gens qui lisent la presse » estime t-il.

Buzzeff vise à être vu dans la presse économique généraliste et dans les magazines spécialisés distribués dans les agences. « Quand tu réussis à avoir un article dans de la presse crédible et qu’après tu le partages, ça crédibilise ton histoire, ça t’aide énormément » explique t-il d’expérience.

Cette année, l’entreprise a fait appel à une agence de relations presses à Dubaï. Jusqu’à présent, ils s’étaient occupés de leur relation presse en interne en misant sur le sérieux et la transparence.

« Comme on […] ne raconte pas trop de pipeau et qu’on essaie de faire ce qu’on dit et de dire ce qu’on va faire, souvent les journaux reprennent l’information et se donne du mal avec nous » explique Jérôme Mouthon. Résultat : ce sont les médias qui les recontactent pour voir comment l’entreprise évolue.

Expansion

Aujourd’hui, l’entreprise fait 70% de son chiffre d’affaire à Dubaï. « Si on n’était pas parti [à l’étranger], on aurait fait un tout petit chiffre. On se serait sûrement embêté » explique t-il.

Buzzeff travaille avec plusieurs pays depuis son bureau de Dubaï. L’entreprise a recruté une personne qui divise son temps entre l’Arabie Saoudite et le Qatar et travaille aussi avec des agences au Nigéria. « Idéalement il faudrait un bureau [au Nigéria] mais ça coûte cher et cela pose des problèmes de sécurité » admet-il.

Désormais, Jérôme Mouthon regarde vers l’Afrique sub-saharienne francophone, notamment la Côte d’Ivoire. Pour l’instant, son équipe gère ses marchés depuis le Maroc, « une entrée vers l’Afrique » mais il faudra sûrement ouvrir un bureau sur place.

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