La collaboration entre startups et grandes entreprises s'accélère

First panel of the day
Premier panel de la journée avec Fadi Ghandour, Najla Al Midfa,
directrice générale du Sharjah Entrepreneurship Center, S. E. Noura Al Kaabi, secrétaire d'État aux affaires du Conseil national fédéral des Emirats, Mouayed Makhlouf, directeur régional MENA IFC et Mudassir Sheikha de Careem. (Images via Expo2020Dubai)

Grandes entreprises, corporations, multinationales, géants – quelque soit le nom que vous leur donnez, elles ont besoin de vous, vous les startups, les petites entreprises, les opérations d’un homme. 

« Ce n’est plus une question d’être mieux pour le business ou d’aider un client, c’est une question de survie maintenant, nous ne pouvons plus ignorer l’innovation des startups » explique Nadim Najjar, directeur général de Thomson Reuters MENA, un partisan de l’entrepreneuriat collaboratif (en anglais Collaborative entrepreneurship ou CE).

La collaboration entre startups et grandes entreprises n’a rien de nouveau au Moyen-Orient mais elle avait besoin d’un coup de boost.

La semaine dernière, Wamda et Expo 2020 Dubai ont organisé, à côté de l’impressionnant Burj Khalifa, le premier sommet de la région réunissant un groupe de startups et grandes entreprises triés sur le volet et examinant les accomplissements dans le domaine.

Quinze startups de la région MENA, œuvrant dans des secteurs variés, de la robotique à la réalité virtuelle, ont présenté leurs startups dans le Café Créativité, avec vue plongeante sur le lac Burj Khalifa. Les costards des grandes entreprises côtoyaient les jeans et vestes des startups tandis que les deux groupes apprenaient à mieux se connaître. 

Le partenariat entre Wamda et Expo 2020, qui a été annoncé en janvier dernier, vise à rapprocher les startups régionales et les grandes entreprises.

Changer la dynamique

« Ce n’est pas les grands qui rencontrent les petits, le gros qui mangent le petit, nous essayons de changer les choses aujourd’hui. » C’est ainsi que Reem Al Hashimy, secrétaire d'État à la coopération internationale des Emirats et directrice générale du bureau de Expo 2020 Dubai, a expliqué le thème de ce sommet.

La startup américaine Soofa, qui produit des meubles extérieurs avec panneaux solaires intégrés, stations de recharge et surveillance environnementale intégrés dans les espaces publics, doit encore signer avec une grande entreprise mais la fondatrice Sandra Richter souhaitait déjà partager les leçons qu’elles avaient tirées. 

« Quand ça commence à devenir lent, je me retire» explique Richter lors du panel  mettant en avant les success stories régionales et internationales et les bonnes practiques en CE. Quand les choses ne bougent pas suffisamment vite, quand les gens ne vous semblent plus passionnés par votre projet de CE, laissez-le tomber.

Reem Al Hashimy
S. E. Reem Al Hashimy fait son discours keynote. Ne laissez pas le gros manger le petit, explique t-elle.

Plusieurs succès à ce jour

Chez Aramex, la collaboration startups/grandes entreprises fait partie de la cutlure interne, grâce à des partenariats avec des startups comme SheaplyMumzworld et The Happy Box, explique Hussein Wehbe, le directeur général d’Aramex aux Emirats.

« Quand [la fondatrice de The Happy Box, Jumana Al Darwish] s’est lancée à l’international, nous avons été capable de la soutenir sur de nouveaux marchés » explique t-il. 

Bien sûr, il ne s’agit pas de se pointer devant une grande entreprise et de dire « travaillons ensemble ! »

La fondatrice de Mumzworld, Mona Ataya, a mis en place des alliances long et court terme avec des grandes entreprises. Pour séduire l’entreprise de logistique Aramex, elle a opté pour une approche stratégique au service d'une mission, et non conceptuelle.

Durant un panel sur les leçons tirées par les premiers adeptes de la collaboration startups/grandes entreprises, elle a mis en avant les questions que les startups doivent se poser : « Que pouvons-nous apporter d’unique et différent ? » et « Qu’est ce que les grandes entreprises peuvent apporter pour scaler, plus rapidement et plus profondément ? » 

Fatma Al Khoori, fondatrice de la startup dubaïote d’emballage de cadeau Maska, faisait aussi partie du panel. Elle explique que la collaboration avec la marque de luxe LVMH et Aramex lui a ouvert de nombreuses portes.

« Le mentorat avec les grandes entreprises nous a été très utile, explique t-elle. Je ne savais pas ce que je faisais, recevoir des conseils a été très important. »

Christopher Schroeder and Hussein Wehbe
Le modérateur du panel, et sceptique, Christopher Schroeder, à côté de Hussein Wehbe de Aramex.

Des pitchs inhabituels

On ne peut décemment organiser un événement startup sans une session de pitch.

En tout, 22 startups ont pitché devant des grandes entreprises dans l’une de ces trois catégories : mobilité, opportunité et durabilité.

Crowdanalyzer pitching
Ahmed Saad de Crowdanalyzer pitche pour obtenir des partenariats.

Les startups étaient là pour parler avec des grandes entreprises qui pourraient les aider sur leur expansion régional ou le marketing et la distribution de leur produit,  que ce soit des constructeurs automobiles ou des entreprises pétrolières.

Ce fut après au tour de sept grandes entreprises, dont Visa, Air Arabia et la holding de distribution et loisir Majid Al Futaim, de pitcher devant des startups en vue  de trouver une startup qui les aidera à innover.

Même les sceptiques comme Christopher Schroeder semblent avoir changé d’avis. « Vous [MENA] n’en parlerait plus comme d’un écosystème naissant [d’ici peu], vous êtes à l’avant-guarde de ce qui va permettre à cet écosystème de s’imposer dans le monde » a t-il conclu le panel qu’il modérait.

 

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