Spark, faire des lycéens tunisiens des entrepreneurs

L'espace de deux jours, les étudiants se sont mis dans la peau d'entrepreneurs
L'espace de deux jours, les lycéens se sont mis dans la peau d'entrepreneurs. (Images via Spark)

Il semble loin le temps où monter son entreprise adolescent rimait avec solitude, incompréhension de ses pairs et appréhension des parents. Tout du moins en Tunisie.

Pour les lycéenes Sara Ghodbane et Leila Mnekebi, l’entrepreneuriat ne peut pas intéresser tous les lycéens bien entendu - cela dépend des goûts des uns et de autres, s’accordent-elles - mais elles notent un véritable intérêt de la part de leurs camarades de classe. 

Rym Baouendi, cofondatrice de l’espace de coworking Cogite et program advisor de l’axe entrepreneuriat de la Fondation Biat, a noté un changement de mentalité des parents. « Les parents sont conscients que l’entrepreneuriat, l’innovation, c’est aussi important et c’est quelque chose que l’école n’offre pas forcement. »

Les parents qu’elle rencontre dans la vie de tous les jours, qu'ils soient cadres ou coiffeurs, lui demandent souvent quels programmes de code ou d’entrepreneuriat existent en Tunisie.« Il y a une soif d’inscrire ses enfants » témoigne t-elle.

Comme une envie d’entrepreneuriat

Mercredi 1er juin, le campus de l’école de commerce IHEC à Carthage était particulièrement animé. 150 adolescents criaient et applaudissaient de toutes leurs forces. La raison de cette ambiance de folie : la finale d’un concours d’entrepreneuriat.

La veille au matin, ces lycéens, parfois collégiens, se rencontraient pour la première fois. Ils prenaient part au hackathon Spark destinés aux 15-18 ans lancé par la fondation Biat. Leur objectif : imaginer des solutions à des problèmes qu’ils rencontrent en Tunisie et goûter ainsi à l’entrepreneuriat.

« J’ai vu l’événement sur Facebook, je n’ai même pas hésité, je me suis inscrite directement » explique Fatma Elloumi à quelques jours de son bac de français. « Je n’ai même pas demandé à mes parents » avoue t-elle en rigolant.

Elle ne sait pas vraiment ce qu’elle veut faire plus tard. Pour elle, comme de nombreux autres, cet événement était l’occasion d’en savoir plus sur le secteur qui l’intéressait. Pour elle, c'était le marketing. « J’ai voulu savoir si j’étais faite pour ça et si j’avais les capacités requises pour ce domaine » explique Fatma Elloumi.

Sara Ghodbane et Leila Mnekebi, elles, se connaissaient déjà ; elles se sont rencontrées lors d’un autre événement entrepreneurial. Si elles enchainent les évènements du type, c’est pour vivre des rush de créativité, trouver des solutions à des problèmes et s’ouvrir l’esprit.

« J’ai fait la connaissance de plein de gens et c’est vraiment très intéressants » explique Sara Ghodbane, 15 ans.

Les parents aussi s’intéressent au sujet. Ellouze Khalil, 16 ans, a pris part à ce programme sur suggestion de sa mère. Un charpentier a même fait l’aller-retour de Kairouan, à deux heures au sud de Tunis, pour que ces deux filles de 12 et 13 ans participent au programme.

Que les adolescents deviennent entreprenants

L’objectif de Spark est de développer la culture entrepreneuriale auprès des adolescents. Il ne s’agit pas de faire de tous les participants des entrepreneurs, explique Rym Baouendi, mais de développer une façon de penser, une attitude entreprenante.

« Avoir des employés avec une attitude entrepreneuriale, qui prendraient des initiatives, feraient de l’intrapreneuriat, c’est excellant pour la Tunisie et les entreprises » explique t-elle.

L’équipe de Spark a, dans un premier temps, mis en ligne des vidéos dans lesquelles des entrepreneurs racontent leurs parcours et comment l’idée d’être entrepreneur leur est venue.

Ensuite est venu le hackathon. Les équipes, mélangeant étudiants du privé et du publique, filles et garçons, Tunisois et non Tunisois, avaient une journée et demi pour trouver une solution à une problématique et la présenter devant un jury.

Les jeunes ont travaillé sur la compréhension de leur thématique avec des experts, puis ont généré le plus d’idées possible pour converger vers la bonne idée. Ils ont ensuite prototypé jusqu’à ce que leur projet soit pitchable. Le deuxième jour, les jeunes ont présenté leurs idées devant le jury. l'après-midi.

Sara Elloumi (deuxième à droite) et son équipe présente leur projet
Fatima Elloumi (deuxième à droite) et son équipe présentent leur projet.

« Ce qui m’a plu c’est la façon de réfléchir, toutes les méthodes de génération d’idées qu’on nous a donnée » explique Ellouze Khalil. « Ce qui était vraiment super, c’est qu’ils nous ont fait [faire] une vraie présentation à l’oral. On a vraiment pu tester nos capacités d’orateur. »

Sara Ghodbane, elle, a appris sur elle-même. « Je viens de comprendre que j’ai un peu l’esprit de leader, je sais comment gérer les personnes. »

Le premier évènement d'une longue série ?

Avec cet événement, la Fondation Biat de la banque tunisienne Biat marque le début d’un nouvel axe d’action : l’entrepreneuriat.

L’action de la fondation sera déployée sur trois activités. En plus de développer la culture entrepreneuriale auprès des jeunes, ils comptent pousser l’écosystème vers l’excellence entrepreneuriale.

Le lendemain de Spark, la fondation annonçait le lancement de l’accélérateur Flat6Labs et du hub startup Le15 dont ils sont partenaires et dévoilait être en discussion pour lancer le réseau d’entrepreneurs Endeavor en Tunisie.

Une troisième activité consistera en une meilleure analyse de l’écosystème entrepreneuriale, ils préparent à l’heure actuelle un mapping interactif de l’écosystème. De quoi préparer une belle scène startups pour les futurs entrepreneurs qui ont participé à Spark. 

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