La Banque mondiale lance un fond de 51M$ pour faire grandir les startups marocaines

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Jusqu’à présent, le Maroc manquait d’un fond d’investissement fort dédié aux startups mais cela va changer à l’automne quand la Banque mondiale lancera un fond d’investissement doté de 500 millions de dirhams (51 millions de dollars) appelé Innov Invest.

Innov Invest sera dédié aux entreprises en stade d’amorçage (moins de 5 ans) et aux PME innovantes au Maroc. Le fond offrira du financement à 100 entreprises à travers du capital-risque (equity funding) et 300 porteurs de projet à travers de la dette intelligente

La Banque mondiale veut changer le financement au Maroc. (Photo via l'utilisateur Flickr Pingnews)

Il s’agit d’un fond de l'Etat marocain financé par des ressources de la Banque mondiale, a expliqué à Wamda Hicham Serghini, le directeur général de la Caisse centrale de garantie (CCG) qui gérera le fonds pour le compte de l’État marocain. La CCG est une institution publique à caractère financier, assimilée à un établissement de crédit.

« L'objectif c'est de créer un continuum de financement » a déclaré Hicham Serghini lors d’une conversation téléphonique avec Wamda.

La fond vient principalement combler un besoin d’investissements en capital-risque (venture capital ou VC en anglais). « Le but c'est qu'il y est de plus en plus d'intervenants sur ce créneau là » a expliqué Hicham Serghini  lors de cette conversation.

« Nous allons commissionner des sociétés de gestion [pour qu’elles créent] des fonds dans lesquels nous seront investisseurs principaux » a-t-il continué. La CCG va prochainement procéder à un appel à manifestation d’intérêts afin de sélectionner les deux sociétés des gestions qui créeront ces fonds privés/publics qu’elle dotera de 150 à 200 millions de dirhams chacun (environ 15 à 20 millions de dollars chacun). La CCG pourrait prendre part à des tours de table dans d'autres fonds dont elle serait investisseur minoritaire.

Un continum de financement. (Image via la Caisse Centrale de Garantie)

« En amont, il y a des besoins en pré-seed, c'est là que nous allons mettre des outils de dettes intelligentes » a continué le directeur général de la CCG lors d’une conversation avec Wamda. La CCG laissera à l’écosystème le soin de sélectionner les porteurs de projets qui méritent une aide financière.

Pour ce faire, la CCG labélisera en amont des acteurs de l’écosystème (incubateurs, clusters, associations, business angels) qui pourront, selon les besoins, offrir des aides, allant jusqu’à 100 000 dirhams, environ 10 000 dollars, (200 000 dirhams (20 000 dollars) si le projet compte plus d’un porteur de projet), ou des prêts d'honneur, allant jusqu’à 250 000 dirhams, environ 25 000 dollars, (500 000 dirhams (50 000 dollars) si le projet compte plus d’un porteur de projet).

La CCG interviendra aussi en aval de la phase capital-risque en octroyant des avances remboursables et des prêts participatifs aux startups qui ont réussi à lever auprès de VC, soit une sorte d’investissement en follow-on.

Des programmes d'investissement complémentaires. (Image via la Caisse Centrale de Garantie)

Les acteurs de l’écosystème startup que nous avons contacté ont répondu avec prudence à  cette annonce, s’inquiétant du manque de mentalité startups des investisseurs au Maroc. Hicham Serghini a affirmé à Wamda sa volonté de changer cela. « Nous voulons une nouvelle catégorie d'acteurs » a-t-il insisté.

Une assistance technique sera mise en place pour les VCs et acteurs de l'écosystème travaillant avec la CCG.

La convention a été signé vendredi 1er juillet 2016. L'officialisation de l'allocation des ressources par la Banque mondiale est prévue pour le mois de septembre. Les premiers instruments de financement devraient être disponible dès le quatrième trimestre 2016. 

Cet article a été mis à jour le 5 juillet à 14h30 GMT.

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