Favizone, la big data tunisienne s’interesse au e-commerce européen

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Que faire après avoir vendu sa startup ? Que faire après avoir créé une success story ?

Mehdi Khemiri a trouvé une réponse : choisir une technologie à fort potentiel et l’explorer jusqu’à trouver le service du futur.

En 2010, il vend Topnet, le fournisseur d’accès internet qu’il a fondé en 2001, à Tunisie Télécom. L’ancienne startup était alors valorisée à 33 millions de dinars (15 millions de dollars).

Il créé alors un fonds d’investissement Innovest mais l’envie d’entreprendre le prend à nouveau.

Passionné de mathématiques et de statistiques, il s’intéresse à la big data et au machine learning.

« L'idée c'était de monter une équipe dans une techno qui était naissante à fort potentiel, » explique Mehdi Khemiri à Wamda.

Trouver une spécialisation 

En 2012, il recrute cinq personnes pour qu’elles deviennent expertes en big data et puissent offrir un service d’analyse de données et modélisation, le « classique » de la big data selon l’entrepreneur.

L’équipe réalise vite cependant qu’elle a besoin de trouver un vertical. Connaissant bien le e-commerce, l’équipe se lance sur le créneau.

En mai 2016, après deux ans de développement, Mehdi Khemiri lance Favizone, une plateforme qui va « permettre aux e-commerçants d'exploiter pleinement ces nouvelles technologies et le potentiel de la big data ».

Avec le recrutement d’une équipe marketing, Favizone compte désormais neuf employées.

L'équipe de Favizone dans leurs bureaux. (Image via Favizone)

La big data au service du e-commerce

Le leitmotiv de Mehdi Khemiri, c’est la simplicité.

« On met des outils complexes de big data avec une interface simple pour aider les commerçants à améliorer leurs offres. »

Le site s'installe en deux clics, affirme-t-il. Il récolte les activités de chaque client sur le site de l’e-commerçant et met en place différentes actions pour pousser le client à l’achat comme les recommandations personnalisées, sur le site ou à travers des emails, les relances de panier abandonné, ou le ré-engagement de clients inactifs.

Favizone se rémunère en prenant un pourcentage sur les ventes qu’ils apportent.

La plateforme de e-commerce Vongo.tn, est la première entreprise à avoir tester le service.

« L’impact de Favizone était positif. Il nous a permis dans un premier temps  de générer 10% de ventes complémentaires pour arriver aujourd’hui aux environs de 25% de ventes additionnelles grâce à une évolution et des optimisations que nous avons effectuées ensemble », a expliqué à Wamda le directeur général de Vongo, Mohamed Boujelbane.

Aujourd’hui, Favizone compte deux clients en Tunisie et cinq clients en France à la fois dans la mode, le B2B et l’informatique. Certaines sont des petits sites, d’autres des chaînes possédant plusieurs sites. 

Entre la Tunisie et l’Europe

Pour vendre son service aux e-commerçants européens, Mehdi Khemiri a décidé de créer une filiale en Europe.

Cela permet de rassurer les clients qui savent que l’entreprise est tenue de respecter les lois européennes, notamment sur la confidentialité, estime l’entrepreneur.

Cela permet aussi de bénéficier d’outils de paiement indisponibles en Tunisie.

« En général, c'est aux Etats-Unis ou en Europe qu'il y a tous ces outils qui permettent de gérer de façon fluide et sécurisée le paiement pour les deux parties », explique-t-il.

Enfin cela facilite la prospection de clients. En cette rentrée, l’entrepreneur va mettre en place une équipe de business developers en Europe pour y accélérer ses ventes.

« On ne peut pas se développer très bien si on n'a pas une présence physique pour être proche des clients, des partenaires. » 

Le choix de la France

Mehdi Khemiri a choisi la France où il a fait ses études supérieures. « C'était beaucoup plus facile. Il y avait une facilité linguistique et culturelle », explique-t-il.

Direction Paris. (Image via Unsplash)

La France était aussi plus simple en terme de mobilité et de visa que les Emirats ou les Etats-Unis, pays pourtant plus intéressants en terme de fiscalité.

« Ce qui m'intéresse moi ce n'est pas la fiscalité, c'est le cadet de mes soucis », explique-t-il. « L'objectif ce n'est pas d'optimiser ce qu’on paie en impôt une fois qu'on gagne mais qu'on commence à gagner. »

Savoir se faire aider

Conseillé par des amis, l’entrepreneur s’est tourné vers Business France, une organisation gouvernementale née de la fusion de l’AFII et d’Ubifrance, qui accompagne les entreprises souhaitant s’installer en France.

L’organisation a aidé Favizone à choisir où s’implanter puis à créer la structure de l'entreprise. Elle l’a aidé à comprendre comment gérer une entreprise en France mais aussi à obtenir de la visibilité en les mettant en contact avec les bonnes structures et en les invitant à des évènements.

L’entrepreneur est tellement convaincu qu’il a conseillé plusieurs startups tunisiennes  souhaitant créer des filiales à l’étranger de se rapprocher de Business France.

« C'est une structure très intéressante qui offre des services gratuits et confidentiels », explique-t-il.

Business France a un bureau à Paris dans lequel il travaille sur les dossiers du Maghreb et un à Dubaï pour le reste de la région MENA. A l’heure actuelle, la jeune organisation accompagne plusieurs startups arabes à s’implanter en France.

Par ailleurs, Business France fait la promotion internationale du French Tech Ticket, un programme d’accueil de startups internationales dont a déjà bénéficié la startup tunisienne Chifco.

Mehdi Khemiri compte bien profiter de sa présence en France. Dans un futur proche, il va chercher du financement en France pour accélérer sa croissance.

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