Au sommet Rise Up du Caire, la jeune pousse d'entrepreneurs égyptiens se révèle

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Alors qu’un attentat venait de ravager la ville du Caire ce week-end, le sommet de Rise Up, le premier rendez-vous d'entrepreneurs de la région clôturait sa quatrième édition.

Vingt-cinq chrétiens coptes sont morts après qu'une bombe ait explosé pendant le service du dimanche à la cathédrale Saint-Marc dans la banlieue d'Abbasiya, à 15 minutes en voiture du centre-ville où se tenait la rencontre des entrepreneurs.

Alors que l'écosystème des entrepreneurs égyptiens est parfois accusé d'être une bulle qui a peu ou pas d'impact sur le pays, en dehors des villes, un événement comme celui de Rise Up fait office de contrepoids au sectarisme continu, aux problèmes économiques et à la peur qui sévissent aujourd’hui dans le pays.

Abdelhameed Sharara, cofondateur de Rise Up, a déclaré à Wamda qu’il espère que de tels évènements puissent un jour contrecarrer ces attaques terroristes. « Les startups pourvoient des solutions et des emplois, et elles représentent un moyen important de lutte contre le terrorisme. »

 
Vous pouvez le faire. Le chef d'Uber en Europe, en Afrique et dans la région MENA, Pierre Dimitri

Le festival de trois jours a eu lieu dans le campus aux airs idylliques de l'Université Américaine du centre-ville du Caire, encerclé par une forte présence policière.

Des fanfares, des zones de relaxation avec des poufs, un salon de start-ups, un lancement façon Apple de produits, ont décoré la partie business du campus. C’est peut-être la plus grande journée de démonstration qu'un accélérateur égyptien ait jamais mise en place. Les entrepreneurs locaux étaient assoiffés de savoir, les ateliers étaient saturés et les participants étaient autant impliqués avec les mentors qu’entre eux, lors du mini évènement Mix and Mentor organisé par Wamda, le dimanche.
 
Malgré cet esprit positif, il y a quelques faux-pas. Les organisateurs ont eu du mal à combattre les problèmes de connexion WIFI qui sont souvent une plaie pour les conférences tech de la région. Autre point négatif, les panels sur la façon dont les médias pouvaient soutenir les startups et un autre sur les femmes entrepreneurs. Ces deux conférences ont agacé des participants pour qui, le premier avait fondamentalement mal compris le rôle des médias et le second n'était pas pertinent.
 
Stephanie d'Arc Taylor, cofondatrice de Jaleesa, qui faisait partie du panel Stratégies régionales pour le succès des entrepreneurs féminins, a déclaré que des conférences comme Rise Up étaient nécessaires pour faire en sorte que les femmes soient représentées dans chaque groupe, au lieu d'avoir juste un panel pour les femmes.
 
Les femmes qui ont assisté à la conférence n’ont pas eu besoin d’en dire plus: Bianca Praetorius, la coach en pitch,  a déclaré qu'elle voulait amener une équipe de femmes égyptiennes à la grande conférence de Berlin Tech Open Air l'année prochaine pour enseigner à ses compatriotes une chose ou deux sur l’endurance et la détermination.
Ce n'était pas une séparation selon le genre à 50/50, mais parfois ça n'en n'était pas loin. (Image via Rise Up Summit)

 

Cette année, Rise Up s'est concentrée sur quatre thèmes: les cleantech, les industries créatives, la fintech et la technologie en général. Cela a facilité les discussions pour étudier plus profondément les questions importantes. Par exemple, un groupe intitulé “Du Lab au marché” s'est intéressé aux détails des partenariat avec les chercheurs - comment gérer la relation, les restrictions légales sur la recherche financée par le gouvernement et la gestion de la propriété intellectuelle, de façon équitable.

Les événements régionaux encouragent de plus en plus les arts créatifs et Rise Up a inclus des conférences sur le cinéma vu comme une petite entreprise et un concours de «startup band» où les participants - qui avaient auditionné d'abord - avaient 72 heures pour bâtir une équipe et construire un business plan.

Les tenants de la cleantech ont lancé deux nouveaux incubateurs pour les entrepreneurs désireux de s'attaquer aux déchets industriels: l'un est un pré-incubateur en partenariat avec You Think Green Egypt et l'autre est un incubateur en partenariat avec le Centre National Egyptien de Production Propre (ENCPC). Ils commenceront en janvier et février 2017 et dureront six mois.

Le meilleur du tour de table de la fintech a été la journée de démonstration de 1864 Fintech Accelerateur, un événement qui a eu lieu le samedi soir.

Une entreprise en particulier a attiré l'attention des participants: Card Switch qui met la gestion de la fraude entre les mains du consommateur en permettant aux propriétaires de cartes et de comptes de les allumer et éteindre. Les parents peuvent ainsi donner à leurs enfants une carte de crédit d'urgence et seulement l'activer en cas d'urgences réelles.
 

Alexandrie s’élève

L’événement Rise Up a aussi montré que Le Caire pourrait enfin avoir un rival dans le pays le plus peuplé de la région.

Alexandrie a explosé sur la scène des start-up en Egypte avec le Sommet Techne plus tôt cette année, mais ce week-end, le fondateur Tarek El Kady a lancé le réseau des business Angels d'Alexandrie. Le réseau est composé d'ex-entrepreneurs locaux qui sont assistés par les business angels du Caire (bien que n'étant pas officiellement affilié au réseau d’angels plus ancien), et veulent investir à partir du troisième trimestre de 2017.

Ils représentent le premier réseau d’investisseurs à Alexandrie. « L'investissement n'est pas le seul élément », a déclaré El Kady. « Alex Angels aidera les jeunes esprits brillants avec le capital dont ils ont besoin ... et leur donnera le mentorat nécessaire pour réussir. »
 

Déjà cette année, Sarah Aziz et Morad Edwar ont lancé Alex Geeks, un groupe éducatif et inspirant pour créer quelque chose pour les entrepreneurs locaux et qui les rassemble.

Retour en Afrique

L’édition de cette année de Rise Up a également commencé un plan entamé depuis longtemps pour toucher l'Afrique subsaharienne. En 2014 Sharara a dit à Wamda qu'ils pensaient à emmener l’évènement en Europe et plus au sud, en Afrique.

David van Dijk, de l'Africa Business Angels Network (ABAN), était présent pour repérer des talents, et M-Kopa, l'entreprise d'investissement mobile, et Future Pumps, une entreprise de pompage solaire au Kenya, recherchaient tous les deux, des partenaires et des opportunités.
 
David Damberger, le directeur de M-Kopa Tanzania a conseillé aux entrepreneurs de trouver un probléme et voir comment la technologie peut résoudre ce problème et se demander pourquoi ce problème n'a pa encore été résolu. 

L'Égypte n’a pas encore fait une percée révolutionnaire dans les start-up de l'ère post-2011, afin de suivre les traces de modèles tels que Sysdsoft, Fawry et Si-Ware, mais les startups égyptiennes ont perdu en valeur par rapport à leurs rivaux régionaux après la dévaluation de la livre.

Plusieurs entrepreneurs, qui ont demandé à rester anonymes pour le moment, ont dit à Wamda qu'ils avaient obtenu des investissements assez importants ou étaient en cours de négociation avec des investisseurs offshore, offrant des dollars, plutôt que des livres égyptiennes.

L’aura autour de Rise Up et les possibilités qu'il englobe seront réalisés l'année prochaine avec le résultat des transactions menées cette année, le succès de nouveaux incubateurs et investisseurs, et le progrès des startups qui ont se sont lancées ou ont pivoté pendant l'événement.

Et l'Egypte a besoin d’un élan. Alors que le pays souffre de la dévaluation rapide de la monnaie et des attaques violentes réccurrentes contre son peuple, l'enthousiasme continu de ceux faisant partie ou autour du secteur des startups montrent une lueur d'espoir maintenant, plutôt que juste une promesse dans un avenir lointain.

Feature image: les jurys de la compétition the startup band, via Rise Up Summit.

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