Ce que je sais des drones: Matt Karau

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Les drones, ou plus précisément les aéronefs sans pilote à bord prolifèrent actuellement dans nos cieux. Il ne s'agit plus simplement d'enquêter d’en haut sur des personnes suspectes, mais n'importe quel personne lambda a aujourd’hui la possibilité de les faire voler au-dessus de nos têtes.

Amazon veut livrer des produits via l’usage de drones, les autorités veulent attraper des criminels grâce à eux, et, évidemment, l'industrie du mariage leur offre une place grandissante, très demandeuse de ces objets volants.

Alors, pourquoi le financement dans le secteur des drones est-il en baisse cette année, alors qu'il se portait si bien en 2015? Le média CB Insights témoigne du fait que bien que l'investissement dans les drones ait eu tendance à baisser, 2016 n’est pas encore considérée une mauvaise année. Il y a plutôt un mouvement vers le financement de logiciels pour les drones (comme NAR au Liban) plutôt que du matériel.

Matt Karau, second depuis la droite avec des membres de l'équipe NYUAD. (Image via NYUAD)

En tant que jeune passionné, Matt Karau a volé dans plusieurs modèles d'avions. Depuis, il pense que le sentiment d'être connecté à un appareil volant, en le construisant soi-même et en regardant avec admiration comment il vole dans le quartier, se perd à l'âge de l'accès instantané à la technologie.

Karau, maintenant chef du studio de design d'ingénierie à la NYU d’Abu Dhabi, entretient désormais une relation ambigüe avec les drones. Bien qu’il ne soit plus en adoration devant eux, il perçoit l'avantage essentiel de leur existence.

Il y a tellement de choses que vous pouvez faire avec un quadcoptère. Comme un gadget de jeux vidéo, c'est un outil très pratique et qui peut être éducatif. Je pense que les jeunes devraient jouer avec eux. Mais quand on parle de leurs applications, on ne sait pas ce que réserve l'avenir. Ils sont grands pour la photographie, pour la surveillance des systèmes, mais alors qu'en est-il d'exécuter des missions plus longues et de réaliser des exploits sur une plus longue période de temps et sur une plus grande distance? Arrive le moment où vous vous stagnez sur le temps d’une mission qu'un quadcopter peut effectivement exécuter. Vous voulez que les UAV dépassent des distances plus longues, donc vous aurez besoin de les équiper d’une batterie plus résistante, d’hélices plus grandes, et cela signifie également des moteurs plus gros et des piles encore plus puissantes.

 
Les choses importantes. 

Nous n'en avons pas besoin du tout. Quand il s'agit de livraisons, vous parlez de chaque petit bout d'énergie sortant d'une batterie pour faire tourner le moteur, de le garder dynamique. Mais le drone est un moyen inefficace pour soulever ou pour transporter des objets. Les drones de livraison semblent ainsi attirants sur le papier mais alors je me pose des questions quand je pense à la façon dont, par exemple, Amazon va faire face aux défis de l'aérien. Par exemple, les pirates du ciel - qu’est ce qui peut pour m'empêcher de voler ce nouveau téléphone qui va être livré à quelqu'un d'autre? Il y a donc non seulement la question de savoir comment cela peut être géré physiquement, mais aussi a-t-on vraiment besoin de ce genre de technologie?
 

Nous passons maintenant par le stade du drone de pointe. Il existe un moment initial lorsqu’une technologie arrive sur le marché, et tout le monde dit «c'est génial». Par exemple, le drone Parrot AR, un jouet merveilleux que vous pouvez contrôler avec un iPad ou un iPhone. A sa sortie, tout le monde a déclaré « Waouh, les drones, je peux en faire ma vie, c'est quelque chose pour moi ». Ensuite, vous vous imaginez que toutes vos applications que vous utilisez au quotidien seraient mieux avec un drone « J'ai besoin de ce verre d'eau là-bas, je parie qu'un drone peut mieux me l’apporter. » C'est ridicule.

Ce sont les batteries qui changeront l'usage du drone. Jusqu'à ce que nous assistions à un énorme bond dans la technologie de la batterie ou des systèmes de levage, nous atteignons le point où nous avons déjà tout vu. Pour ne pas dire qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Nous nous en sommes même arrivés au point où nous glissons vers le bas. Bien sûr, nous ne devrions pas nous auto blâmer trop pour cela, ce cycle de courbe ascendante et descendante se retrouve dans presque toutes les technologies.

Les règlements sont un domaine problématique. Dès les années 60, vous achetiez votre kit d'avion à faire soi-même, vous colliez les pièces ensemble, passiez des semaines à monter et à tester, tout faire pour vous assurer qu'il ne s'écraserait pas. Maintenant, vous pouvez simplement marcher dans un magasin, acheter un quadcopter et en 15 minutes, vous pouvez être dehors en train de le faire voler sans formation ou sens de la responsabilité s’il s’écrase. Quand j'ai volé dans des prototypes d’avion étant encore un gosse, j'ai pris une assurance. Et en créant Drones for Good, nous avons acheté une assurance supplémentaire. Ce sont des choses auxquelles la plupart des gens ne pensent pas. Avant, les gens identifiaient la sécurité comme leur propre responsabilité.

Mais, les drones ne sont pas tous mauvais. J'aime les drones dans des espaces où ils apportent des technologies utiles à des personnes qui autrement, n'y auraient pas accès. Il y a un groupe appelé  Conservation Drones où ils font la promotion la tech du drone dans des espaces où il y a de vastes zones devant être couvertes avec un faible budget pour la surveillance par satellite. Un bon exemple serait dans le cas de la protection des rhinocéros. C'est une allusion à un avenir où nous ne devrions pas changer notre style de vie pour permettre aux drones de nous entourer.

Feature image via Pexels.com

 

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