L'Offshore à défaut du local pour la startup algérienne de ecommerce Zawwali

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Le système postal parfois un peu long en Algérie, le manque d'adresses cartographiées ainsi qu'un minimum d'options de paiement ont rendu l’expansion internationale de la plate-forme d’ecommerce Zawwali, plus facile que le développement de la startup sur le territoire algérien. Pour les deux fondateurs, livrer en Mauritanie ou en Egypte est parfois plus facile que de livrer à l'échelle nationale.

Quand Brahim Ayaicha, 22, et son ami Raed Layada, 23, ont eu l'idée d'une plate-forme de commerce électronique locale en 2013, ils ne réalisaient pas encore les difficultés qui les attendaient.

« L’idée m’est venue assez simplement. Je voulais acheter des choses sur Amazon et j'ai découvert qu'ils ne fournissaient pas en Algérie, alors je me suis dit, pourquoi ne pas faire notre propre Amazon? » déclare Brahim à Wamda.

Les deux étudiants en pharmacie ne savaient rien sur le code, mais Brahim a appris à coder des protocoles simples avec des tutoriels sur internet - la première étape a d'ailleurs commencé avec l'élaboration d'un site Web - puis la mise en place une entreprise de commerce électronique. Ils se sont lancés avec un prêt de 50.000 dollars. Le site reçoit aujourd’hui environ 30 commandes par jour et a déjà atteint le un pic de 700 commandes quotidiennes.

Le plus dur du travail commence

Trouver les produits, principalement en provenance de Turquie et de la Chine, était simple pour les deux fondateurs. Wamda a interviewé Brahim lorsqu’il était en Turquie pour passer des commandes, aujourd’hui, il est en Chine pendant que Raed coordonne le site à Alger. Mais c’est au niveau de la livraison en Algérie que tout se joue.

Après avoir rencontré des problèmes pour faire passer des produits à la douane, la livraison par la poste peut s’avérer compliquée et prendre du temps. Parfois, la livraison peut prendre trois jours ou mettre dix jours, parfois sans jamais réussir à livrer faute de trouver l’adresse.

« La plupart des problèmes en Algérie commencent au niveau des douanes et dans les ports. Pour les produits lourds, par exemple, il faut du temps, ce qui retarde ensuite le délai de livraison », déclare Brahim. « Nous rencontrons des difficultés pour livrer le produit et nous ne pouvons être payés que lorsque le produit arrive au client, avec de l’argent liquide ou un virement bancaire.»

En outre, les modes de paiement sont restreints: argent comptant, chèque ou Mastercard, car l'Algérie n'a pas encore de législation pour permettre aux systèmes de paiement en ligne d'opérer dans le pays.

L'option la plus facile pour les deux fondateurs de Zawwali a été finalement de s’orienter vers l’export en livrant aussi bien en Egypte qu’en Tunisie, en Arabie Saoudite ou en Mauritanie.

For Zawwali cofounders, it is difficult to cover the whole Algerian terroritory for deliveries

 

Le commerce électronique en l'Algérie encore à la traîne

L'Algérie est classée 95e dans un rapport de l'ONU daté de 2016 qui mesure la volonté des pays à s’engager dans le commerce électronique, derrière la Tunisie qui est 73ème et le Maroc qui est classé 79e.

Considérant que l'Algérie est la quatrième économie la plus riche en Afrique, la faiblesse de la pénétration d’internet et le nombre restreint de possesseurs de cartes de crédit sont parmi les principales raisons de ce retard.

Outre Zawwali, l’ecommerce algérien s’est récemment développé en Algérie avec Jumia Algeria, Nechrifenet et Guiddini, qui est sur le marché depuis 2009, et Ouedkniss pour les petites annonces. Il y a Echrily pour les courses alimentaires en ligne et pour tout ce qui Tech et informatique, Tbeznyss, qui est apparu entre 2012 et 2013.

« La culture du commerce électronique est déjà acquise chez les jeunes Algériens, et aussi chez les femmes au foyer. Par exemple, vous pouvez voir que les groupes Facebook de personnes qui achètent des produits de l'étranger et les revendent ici marchent très bien », a déclaré Iheb Tekkour, un spécialiste du marketing numérique.

« Un autre problème est le manque de cartographie de données. Parfois, les livraisons n'arrivent jamais, car on ne peut pas trouver l'adresse, en particulier en dehors d'Alger » ajoute-t-il

Mais, comme le commerce électronique n’est pas réglementé, tout comme la standardisation des produits en ligne selon une recherche canadienne sur le sujet datant de 2015.

Malgré ses difficultés, Zawwali résiste en misant sur le marketing, les réseaux sociaux et une audience jeune (Image via Zawwali)

Le manque de cadre juridique

Un cadre réglementaire régissant l'ensemble de l'industrie du commerce électronique est en débat depuis début 2016.

Iheb Tekkour a déclaré qu'une décision sur la législation était attendue en mars. Ensuite il revient à la SATIM, la Société d’Automatisation des Transactions interbancaires et de Monétique, de déployer des options de paiement pour soutenir le commerce électronique.

Karim Mbarek, le gestionnaire de la startup Xmedia and Event et l'organisateur d'un meeting annuel consacré aux startups, Algeria 2.0, a déclaré que le manque de systèmes de paiement en ligne est depuis toujours, l’un des obstacles majeurs au développement du commerce en ligne.

« Il faut démocratiser le paiement en ligne, peu importe le modèle, car le plus important, c'est que les sites puissent vendre directement et les clients acheter sans être contraints de se déplacer par exemple. L’Algérie est entrain de perdre beaucoup d'argent en retardant à chaque fois cette solution qui existe dans la plupart des pays d’Afrique et depuis des années», a déclaré Mbarek.

Feature image via Flickr

 

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