L’Espace Bidaya à la recherche de ses futures pépites

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L'Espace Bidaya, incubateur Social Green Tech casablancais, est spécialiste des startups en amorçage. Il accompagne les projets sélectionnés pour une période de 12 mois en se basant sur la méthodologie et les outils du Design Thinking. Fort de son réseau international, il est devenu une référence pour les startups marocaines qui postulent chaque année.

Espace Bidaya est membre d'Impact Network, un réseau qui rassemble 500 startups à travers 16 programmes d'incubation et d'accélération, présents dans 14 pays. Il a rejoint à travers Impact Network, INCO, le premier consortium mondial d’une nouvelle économie inclusive et durable, qui œuvre dans 18 pays, et qui est doté d’un fonds de 100 M€ (US$ 106 M).

« Nous cherchons à propulser des entrepreneuse.eur.s qui innovent pour changer le monde, à raison de deux promotions de 6-9 startups par an. Notre objectif est de faire émerger une génération d'une soixantaine d'entrepreneurs marocains, acteurs de la nouvelle économie : sociale, circulaire et durable », explique à Wamda, Yasmine Berrada, responsable de l’incubateur.

Accompagner la nouvelle génération d’entrepreneurs sociaux

Les entrepreneurs sociaux dans la région MENA sont généralement de jeunes diplômés, qui ont eu une première expérience professionnelle, mais qui développent pour la première fois une solution innovante. Elle n’a pas encore été testée sur le terrain à grande échelle. Ils font face à de multiples défis pour financer leurs opérations, exercent dans un cadre réglementaire traditionnel qui n’avait pas prévu leur champ d’activité, et ne trouvent pas facilement des ressources humaines qualifiées pour constituer leurs équipes. Combinés, ces éléments accroissent considérablement le risque technique, légal et commercial des projets.

Le rôle et l’utilité des incubateurs spécialisés est d’accompagner ces jeunes pousses en leur prodiguant l’expertise nécessaire à chaque étape de leur développement.

« [On offre] des formations business pour les profils "inventeur", avec une idée géniale (objet connecté pour apprendre le braille aux aveugles, station d'épuration mobile montée sur un camion, réfrigérateur en céramique super design fonctionnant sans électricité...) mais avec peu de notions de commercialisation, marketing, distribution, communication, finance... L'idée est de donner à chacun les outils pour valoriser son invention », précise Yasmine Berrada.

Un événement entrepreneurial à l'Espace Bidaya (Crédits Images Espace Bidaya)

Les porteurs de projets bénéficient également d’un suivi individuel stratégique. « Cela permet à chaque entrepreneuse/eur de sortir la tête du guidon et de discuter avec des personnes de confiance, qui consignent chaque évolution du projet, et qui sont là pour rappeler les objectifs fixés et le chemin parcouru », continue-t-elle. Grâce à ces rendez-vous individuels, l’équipe détermine les besoins, et organise des ateliers d'intelligence collective, prévoit des sessions de mentoring avec des experts, et effectue les mises en relation nécessaires avec des partenaires, des financeurs, des décideurs, ou des institutionnels.

Pour le moment, l’incubateur n’offre pas un fonds d'amorçage aux startups à la fin du programme, et le financement de la structure est exclusivement assuré par la Fondation Drosos. « Nous travaillons actuellement à la création de notre modèle économique, afin de pérenniser notre impact sur l'écosystème marocain au-delà des cinq années du programme financé », ajoute Yasmine Berrada.

L’un des principaux défis relevés par l’équipe d’incubation est l’accompagnement des fondateurs qui ne disposent pas de fonds-propres, et qui doivent souvent conserver un emploi au début de l'aventure. « Cela rend les débuts difficile et les avancées plus lentes », juge-t-elle.

19 startups incubées en deux ans

Selon les données de l’incubateur, 13 startups ont constitué les deux premières promotions. Deux d’entre elles n’ont pas pu continuer l’aventure et ont implosé en cours de route, l’une suite à des discordes au sein de l’équipe et l’autre à cause d’une barrière financière.

Sur les 11 startups restantes, deux d’entre elles sont freinées par un blocage réglementaire et un manque d'accès au financement, et huit sont jugées être en bonne voie vers la réussite. « Deux ont des clients et ont un impact concret sur leurs bénéficiaires. Trois sont en phase de négociation avec leurs premiers clients, et trois ont déjà terminé leur prototypage et valident leur modèle auprès du marché en réalisant des tests clients », énumère la responsable de l’incubateur. Quant à la dernière startup, elle s'est tournée vers l'intrapreneuriat et sera développée au sein d'une structure déjà existante.

En ce qui concerne la troisième et actuelle promotion, elle est constituée de six startups.

« Durant notre incubation qui se poursuit encore jusqu'à fin octobre nous avons été mis en relation avec des acteurs importants de l'écosystème entrepreneurial marocain. [...] Aujourd'hui nous avons un projet structuré et nous avançons d'un pas assuré, et c'est en grande partie grâce aux conseils et mises en relations clés dont nous avons pu bénéficier », témoigne Mohamed Hafid, co-fondateur de Granéco, qui valorise les déchets verts en biocombustibles et fertilisants.

Une entrepreneuse en train de pitcher son projet pendant une seesion à l'Espace Bidaya

Une ouverture sur l’international

Grâce au programme JumpSeat, l’incubateur permet aux fondateurs d’effectuer des séjours dans d'autres incubateurs du réseau. « La startup Medtrucks, qui lutte contre les déserts médicaux en déployant des camions médicalisés, ira à Austin, dans l'incubateur Tarmac TX, pour 3 mois à partir de septembre 2017. Les fondatrices d'Onzurna partent en voyage d'études du marché de la mode éco-responsable et des smart-fabrics à Hong Kong en avril, où elles seront accueillies par l'équipe de l'incubateur SoInSoGood qui organise leur agenda de rencontres et de visites sur place. La fondatrice de Seejal, incubée à Tarmac SF, notre incubateur de San Francisco, est parmi nous à Espace Bidaya pour un mois, afin de tester son application auprès des jeunes marocains », détaille Yasmine Berrada.

A l'échelle régionale, l’incubateur a noué un partenariat panafricain nommé SPRINT, qui permet aux startups d'Espace Bidaya d'atteindre de nouveaux marchés africains et de rencontrer des décideurs algériens, tunisiens, sénégalais, ivoiriens…

« J'ai participé la semaine dernière à l'inauguration du réseau SPRINT où j'ai eu l'opportunité de pitcher mon projet devant des leaders d'opinion. Une très belle visibilité pour nous. Aussi, quand j'étais à Cap Town en Afrique du Sud j'ai pu bénéficier de l'espace de coworking de l'incubateur IGALELO qui fait parti du réseau. Donc, c'est un vrai confort de savoir qu'on peut être accueilli et avoir un espace dans nos différents voyages à l'étranger », atteste Anass El Hilal, le fondateur de Medtrucks.

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