Le Startup Act prédit un meilleur avenir pour les entrepreneurs tunisiens

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Depuis avril dernier, les choses sont en train de changer pour les entrepreneurs tunisiens qui ont enfin réussi à discuter d’une nouvelle mouture d’une proposition de loi, le Startup Act, qui est actuellement en cours de négociation avant d’être présenté à l’Assemblée.

C’est un projet de longue haleine qui avait commencé depuis 2015 avec l’ancien ministre des télécommunications Noomane Fehri. En Tunisie, l’éclosion des startups avait commencé déjà avant la révolution mais par manque de régulation, d’un cadre juridique approprié et d’une absence d’ assouplissement des procédures financières, l’écosystème avait du mal à s’épanouir.

« Cela fait depuis 2011 que nous essayons un peu de structurer l’écosystème, il y a eu beaucoup de choses faites avec les espaces comme Cogite, l’arrivée de nouveaux acteurs mais nous avons dû aussi travailler sur le fond » déclare Amine Chouaieb CEO de la startup Chifco.

Il fait parti des négociateurs qui ont proposé un nouveau texte le 11 avril à la technopôle d’El Ghazela devant le premier Ministre Youssef Chahed , le Ministre des TICS ainsi que la secrétaire d’état à l’emploi et à la formation professionnelle.

Un texte, fruit de longues négociations

Le texte propose déjà une définition juridique d’une startup par opposition à une PME ou une entreprise classique en tant que SAS (Sociétés par Actions Simplifiées), une élévation du plafond de la carte technologique à 100 000 dinars, des exonérations fiscales, un processus de bonne gouvernance avec un Collège des startups qui servira d’interlocuteur direct et d’autres avantages afin de permettre aux startups de grandir.

« Le texte tel qu’il est reste l’idéal à atteindre mais aujourd’hui, on voit qu’il n’y a pas de vraies réticences sur le fond donc c’est un pas en avant » ajoute Amine Chouaieb.

Le texte envisage aussi un Congé pour la création d’une entreprise pour permettre aux salariés de créer leur startup en quittant temporairement leur entreprise, la création d’une sorte de zone franche Startup City à l’internationale également.

Le but est de faire de la Tunisie le 1er hub régional en Afrique pour l’entrepreneuriat d’ici 2020 et aussi de mettre en oeuvre les cinq axes de l’initiative Startup Tunisia qui vise à aider les jeunes à avoir plus une vision entrepreneurial, faire office de tremplin pour les jeunes startups et réussir à créer des licornes au rayonnement international.

Révolutionner enfin l’écosystème

« Nous voulons révolutionner l’écosystème un peu comme ce qu’a fait Xavier Niel en France avec la Frenchtech » conclue Amine.

Les discussions avec le gouvernement ont aussi été l’occasion de remettre sur la table la question de l’accès à PayPal en Tunisie. « Normalement, il n’y a plus de barrières comme avant mais nous attendons encore l’installation de Paypal, il y a eu une ouverture d cela Banque Centrale sur cette question mais ce n’est pas encore complètement acquis car il reste à régler les spécificités législatives tunisiennes pour permettre à Paypal de s’installer réellement » témoigne Taher Mestiri, CEO de Hadrum.

Si tous les entrepreneurs s’accordent sur le fait qu’il y a bien une volonté politique d’encourager l’entrepreneuriat en Tunisie et une reconnaissance de l’écosystème, beaucoup attendent encore la discussion du projet de loi à l’Assemblée et espèrent un vote d’ici 2018.

Ali Mnif lors des discussions autour du Startup Act (Image via TunisianStartups)

Des initiatives purement bottom up

« C’est tout un processus de validation qui doit être mis en place car nous sollicitons différents ministères, aussi bien celui des TICS, que celui des Finances ou encore de l’Emploi. Nous consultons aussi les sociétés privées afin d’étudier la faisabilité du projet » témoigne Ali Mnif, un entrepreneur, Country Manager de Silatech en Tunisie et qui a aussi contribué à la cartographie de l’écosystème entrepreneurial en Tunisie.

« Le plus important dans cette initiative, c’est finalement que tout est bottom up, et si le projet passe, on pourra dire que l’entrepreneuriat tunisien se sera vraiment construit de lui-même » ajoute-t-il.

Pour d’autres, le plus important est d’arriver à se structurer comme le montre la nouvelle association Tunisian Startups lancée le même mois que les négociations sur le Startup Act. Amel Saidane, qui travaille dans l’accélération des startups, fait aussi partie de la force de lobby pour le Startup Act, dont la force réside dans l’union et la solidarité des entrepreneurs entre eux.

«  Nous essayons de créer une sorte de landing point pour les startups afin de générer aussi une voix commune pour porter le Startup Act et d’être plus visible en tant que communauté ».

L’association permet ainsi de regrouper les startuppers autour des discussions sur le projet de loi mais aussi de rencontrer via des meetup des nouveaux business angels.

Si l’écosystème se structure progressivement, les attentes sont encore nombreuses quant au déblocage du cadre juridique pour que les startups tunisiennes puissent vraiment  s’épanouir d’ici 2017-2018. Comme le dit l’entrepreneur Bassem Bouguerra dans un article publié sur le blog de la Banque Mondiale “We shall wait and see”.

 

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