Réinventer Whatsapp pour les marins au Maroc

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Pour Soremar Group, la société marocaine spécialiste des services maritimes depuis les années 1980, améliorer les communications et élargir son portefeuille de services, ont  toujours été des  soucis quotidiens.

En partenariat avec Microsoft, Soremar a décidé d'aider les marins et les pêcheurs à rester en contact avec leurs familles quand ils sont en mer, en utilisant un service de communication qui consume peu de données.

Faire face aux coûts élevés et à l'analphabétisme

Le premier défi lors du lancement de l'application était lié aux finances. « Les marins locaux ne pouvaient pas se permettre le coût de l'équipement pour toutes les communications par internet, par opposition aux marins européens qui ont accès à l'allocation d'équipage, ce qui diminue le coût de la communication. La facturation maritime coûte cher car les personnes qui travaillent en mer utilisent les liaisons satellites  », explique Dounia Gnaou, responsable administrative et financière du groupe Soremar.

Soremar gère 2 250 bateaux de pêche et environ 6 000 bateaux de pêche artisanale. Le nombre moyen de membres de l’équipage est compris entre 15 et 17 pêcheurs. Le coût d'une utilisation mensuelle moyenne de la communication par satellite se situe entre 400 et 500 dirhams marocains (40 à 50 dollars).

Selon la publication industrielle Marine Insight, le personnel maritime dépense en moyenne, à l’échelle mondiale, entre 75 et 150 dollars par mois sur les appels vocaux.

Le second challenge serait l'analphabétisme. « 30% de la population marocaine est analphabète. Ainsi, nous ne pouvons pas uniquement compter sur une technologie d’échange de  courriels par exemple », a-t-elle ajouté.

L'un des bateaux où Soremar a testé l'appli Fleetchat (Images via Soremar)

L’application Fleetchat

Pour remédier à ces problèmes, Soremar a décidé, avec Microsoft, de développer l'application Fleetchat. Elle se présente comme une sorte de Whatsapp pour les bateaux, offrant ainsi une alternative abordable aux pêcheurs et aux marins.

« Nous avons convenu de créer une application de messagerie instantanée avec un service Web« .net », qui convient le mieux pour les discussions en temps réel. Nous avons décidé de l'héberger sur Azure pour bénéficier de son élasticité et de son évolutivité en plus de l'intégration facile des outils d'analyse (Application Insights) », a déclaré Yassine Serhane, Tech évangéliste chez Microsoft, sur l’étude de cas pratique du projet.

Comme le coût était le problème principal de Soremar, la société a proposé un design qui commencerait petit et qui évoluerait  progressivement. « Nous voulions commencer par héberger un petit projet et ensuite activer l’autoscale pendant la phase pilote pour contrôler le coût de la prestation du service », a écrit Serhane.

Azure Microsoft a développé Fleetchat via la conception de l'application Xamarin qui a permis de rendre Fleetchat compatible avec Android, car Soremar utilise des appareils Android.

Soremar s'est également associé à Qconferencing, une société basée aux Pays-Bas qui crée des sites Web et des outils personnalisés pour permettre les conversations vidéo.

« Nous nous sommes assurés de développer l'application pour les téléphones comme première option, puisque les utilisateurs en Afrique du Nord s'appuient sur ces dispositifs comme seul outil de communication. Dans d'autres pays, les utilisateurs peuvent aussi aller sur leurs ordinateurs et tablettes », a déclaré Jesse Van Straaten, propriétaire et directeur de Qconferencing.

L'application Fleetchat (Images via Soremar)

Internet sur les bateaux, un défi permanent

Permettre l’accès Internet aux navires représente un défi pour les entreprises technologiques. Outre l'impératif à bord des communications par satellite VSAT, les équipages ont besoin de divertissement. La communication aléatoire est également importante selon un rapport sur le déchiffrage du haut débit publié en 2015.

« Il y a cinquante ans, c'était acceptable pour les marins de passer des mois sans communiquer avec leurs familles », a déclaré Van Straaten. « Aujourd'hui, les choses sont différentes, et les gens doivent interagir au moins une fois par jour avec leurs proches. Par conséquent, l'amélioration de la technologie et le développement de fonctionnalités vidéo sont des préoccupations majeures. »

Pour Gnaou, Fleetchat a réussi à offrir une solution à un troisième défi. « Nous avons réalisé qu'un bateau fonctionne selon une hiérarchie similiare à celle d'une tribu. Le capitaine a plus de privilèges que la main-d'œuvre, par exemple. » Elle espère que rendre Internet accessible à tous les membres de l'équipage pourrait simplement contribuer à casser ces barrières hiérarchiques.

Feature image via Pexels.

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