Lorsque la technologie s'attaque à l'industrie de la beauté multimillionnaire

Lire en

Avant de créer Shedul, une plateforme de réservation gratuite pour les salons de coiffure et les spas, deux néo-zélandais William Zeqiri et Nick Miller, avaient des parcours professionnels différents.

À Dubaï, Miller travaillait avec l'ambassade de Nouvelle-Zélande avant de s’orienter vers le branding, tandis que Zeqiri a travaillé chez Dubai Holding, il a lancé 15 startups et a organisé aussi des investissements de business angels. Mais la nécessité d'une coupe de cheveux de dernière minute avant un voyage au Népal en 2015, a changé la donne.

« Nous avions réservé notre hôtel, nos vols, nos circuits ... il était 20 heures et j'avais besoin d'une coupe de cheveux », raconte Zeqiri. « C’était vraiment difficile de un rdv en ligne. » Ils se sont rendus compte qu'ils avaient réussi à tout réserver dans un pays où ils n'avaient pas encore mis les pieds, mais qu'ils ne pouvaient trouver un endroit où se couper les cheveux.

Après leur voyage, Miller et Zeqiri se sont intéressés au marché de l’esthétique, en découvrant qu'il représentait  trente milliards de dollars dans le monde. Le duo a proposé une idée de produit un minimum viable pour ajouter de la valeur par rapport aux salons déjà existants. Ils ont créé une startup, Shedul, pour mettre l'idée en pratique. Récemment, la société a annoncé une levée de série A à hauteur de 6 millions de dollars. Ce tour de table a été dirigé par les partenaires de Middle East Venture Partners à Dubaï et Beco Capital, ainsi que Lumia Capital de San Francisco. L'équipe prévoyait initialement de recueillir 4 millions de dollars.

Les fondateurs de Shedul William Zeqiri and Nick Miller. (Images via Shedul)

Shedul permet aux salons et aux spas de rationaliser leurs opérations en mettant en ligne les réservations des clients en ligne, en gérant les employés et en enregistrant les transactions. Pour ce qui est du client, la plateforme permet aux utilisateurs de réserver un rendez-vous dans un centre qui est abonné à Shedul et aussi de suivre ses achats et les services proposés.

En 2015, lorsque Zeqiri et Miller ont lancé le site, 25 entreprises se sont inscrites pendant la nuit. Au cours des semaines qui sont suivi, certaines sont parties, mais beaucoup sont restées. Étant donné que l’usage de la plateforme est gratuit, celles qui sont restées ont commencé à se renseigner pour savoir ce qu’elles auraient à gagner.

En effet, Zeqiri se souvient que les gens étaient plutôt plutôt sceptiques sur la gratuité. Mais avec le temps, ils ont commencé ce n’est pas le style de Shedul de tromper les gens. En plus, même lorsque les tarifs seront réévalués pour certains services à l'avenir (plus sur ce sujet ci-dessous), « nous garderons la composante principale de notre plate-forme gratuite pour éliminer les obstacles à l'entrée et rendre le plus facile possible l’inscription pour n’importe qui », déclare Zeqiri.

« Le stylo et le papier sont nos plus grands concurrents », remarqua Miller, se référant au moyen le plus courant de réserver un rendez-vous dans l'industrie de la beauté et du bien-être. Mais les réservations en ligne sont en train de gagner rapidement du terrain. Parce que la plateforme est gratuite et accessible en ligne. Cela a eu pour conséquence que 95 % des clients de la startup soient internationaux, avec 40 % de leur base d'utilisateurs aux États-Unis seulement et 15 % au Royaume-Uni. La région MENA représente 5% des utilisateurs de Shedul.

La plateforme de réservation en ligne

Zeqiri a expliqué que cette distribution déséquilibrée est due au fait que dans les pays plus développés, il y a eu une transition importante vers les réservations en ligne et d'autres transactions. En outre, le fait que les services de Shedul soient fournis en anglais joue un rôle. « Dans la région MENA »,  souligne-t-il, « la population est grande, mais la plupart d'entre eux ne sont pas tous des anglophones. »

Néanmoins, comme Zeqiri l’admet facilement, Dubai a bien servi à Shedul, et a encouragé le succès du lancement. En plus du bureau de Dubaï, l'équipe de 19 employés de Shedul travaille depuis la Pologne et va bientôt être actif aux États-Unis. Aujourd'hui, 700 salons à Dubaï utilisent la plateforme.

Leith Matthews d'Akin Barber & Shop a été l'une des premières personnes à s'inscrire aux services de Shedul. Décrivant Shedul comme très important pour Akin, Matthews a déclaré:

« Un système de ce type est crucial pour une entreprise comme la mienne. C'est le seul logiciel requis, et il gère presque toutes les parties de l'entreprise, mis à part la coupe des cheveux ».

Alors que Dubaï est la base de Shedul, Zeqiri déclare que la société ne prévoit pas une variation drastique du taux d'utilisation  de 5 % dans la région MENA.

« Nous ne ciblons pas spécifiquement le MENA », a expliqué Zeqiri.  « Nous sommes simplement une entreprise opérant à partir de Dubaï ... Je ne pense pas que la région MENA dépassera très rapidement le reste du marché. »

Shedul reste, dans sa conception, dans une phase où elle n’a pas de recettes. Cependant, dans les prochains mois, la société prévoit lancer un marché SaaS activé comme Airbnb et  Booking.com, où les utilisateurs peuvent réserver des rendez-vous pour les coupes de cheveux, les massages ou les cours de gym en ligne. Shedul a l'intention de facturer une petite taxe pour ces réservations.

Un autre potentiel de revenus est l'accès de la société aux données.

« Parce que nous sommes globaux et gratuits, nous rassemblons beaucoup d'informations sur l'industrie dans 120 pays à travers le monde », a déclaré Zeqiri. « Nous connaissons les prix moyens, les taux d'occupation, certains des défis rencontrés par les entreprises, les exigences pour les outils et les fonctionnalités qu'elles possèdent. La data est vraiment précieuse au 21ème siècle, [et] nous aide à construire un meilleur produit. »

Feature image via Pexels.

Lire en

Catégorie Media

Pays

Partager

Articles similaires