Quels bénéfices de la COP22 pour le Maroc?

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Alors que s'est clôturé la 22 ème COP à Marrakech, le Maroc a conclu des accords pour l’avancée écologique du pays et du continent africain, en marge des accords de Paris. Malgré le report des négociations sur l’agriculture en Afrique pour la prochaine COP, le pays hôte a su tirer son épingle du jeu, en promouvant ses start-up et son engagement écologique.

Les enjeux étaient multiples pour le Maroc à l’ouverture de la COP 22 qui débutait en même temps que les élections présidentielles américaines. Donald Trump faisant partie des climatosceptiques, beaucoup craignaient un stand-by sur les avancées autour des accords de Paris qui avait mis en place lors de la précédente COP, des mesures contraignantes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le nouveau défi était de mettre en pratique ces règles et de contrôler justement ces émissions. La déclaration de Marrakech signée le 17 novembre a ainsi permis une réelle avancée sur les accords de Paris: l’accélération de la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les pays qui s’étaient engagés en 2015. La déclaration de Marrakech pousse les pays à revoir leurs ambitions dans un délai pour 2018 plutôt que 2020, échéance qui avait décidé dans les Accords de Paris. Les 200 pays présents lors de la COP22 se sont aussi engagées vendredi à un "engagement plus fort pour le changement climatique" et "une proclamation de soutien aux accords de Paris".

Les start-ups marocaines s’engagent dans l’innovation écologique

La COP22 a permis aussi au pays de mettre en avant les jeunes start-ups marocaines et leur engagement pour le climat. Le pays qui avait un pavillon important dédié à l’innovation lors de la COP21, a présenté quelques nouveautés. Un frigo en argile, un bus électrique ou encore une torche photovolaïque ont été présentés. Si les inventions ne sont pas forcément nouvelles, elles ont la valeur ajoutée d’être à 100% faites au Maroc. Des associations ont présenté des projets de village éco-durable comme celui de Ait Ben Addou ou encore l’association Dar Si Hmad Derhem, qui transforme le brouillard en eau potable dans une région aride.
 
Autre fait notable, le pays s’est engagé à rendre ses mosquées plus vertes dans un programme qui vise à réduire la consommation énergétique de 40%. La COP a aussi été l’occasion d’accueillir la première édition de la Tech22HubAfrica, une compétition qui vise à encourager les start-ups africaines. Enfin, la jeune pousse des start-up marocaines ont pu trouver un moyen de montrer leur innovation en matière de “cleantech”via le réseau Start-up Maroc qui a passé un week-end de démonstrations à la COP22 avec l’événement Start-up cleantech open. Le gagnant, Nabil Deabji, a été récompensé pour son produit qui transforme des restes de déchets d'huiles alimentaires en savon.
Morocco's King Mohammed VI. (Image via COP22)

L’agriculture au coeur de la COP22 mais délaissée par les négociations finales

Mais les leaders marocains avaient aussi compté sur la COP pour avancer sur un sujet qui aurait dû faire plus débat: l'agriculture en Afrique. En hébergeant la nouvelle COP, le Maroc a poussé sur cette question sans pour autant parvenir à un accord. Le Royaume Chérifien, a voulu mettre en valeur l’initiative “Triple A” (Adaptation, Afrique, Agriculture) qui veut faire de l’adaptation de l’agriculture africaine une priorité. Si les négociations entre les pays du Nord et du Sud sur la question ont finalement été repoussées à 2017 faute de consensus, le sujet a fait l’objet de nombreux débats lors de la COP22.

Cette initiative qui vise à adapter l’agriculture africaine pour faire face aux aléas climatiques avait été proposée par Aziz Akhannouch, le Ministre de l’Agriculture marocain, en mai 2016 lors du Salon de l’agriculture au Maroc, avait aussi pour but de pousser à d’avantage de financements climatiques pour l’Afrique.

L’initiative vise à améliorer le stockage des émissions carbone dans les terres africaines afin de mieux ralentir le réchauffement climatique. Le Maroc a d’ailleurs présenté des initiatives en ce sens comme une cartographie de la fertilité des sols (au Maroc) ou encore Pour le continent , le secteur agricole représente emploie près de 60% de la population. Malgré tout un pan de la COP 22 consacrée à cette initiative, les vingts pays africains qui la soutiennent n’ont pas réussi à obtenir le financement clef destiné aux pays développés et s’élevant à près de 100 milliards de dollars et repose essentiellement sur l’aide de bailleurs de fonds.

Le point de différence reposait sur les différence de priorité entre les pays du Nord qui veulent se focaliser sur la diminution des gaz à effets de serre et les pays du sud (en voie de développement et émergents) qui voulaient davantage se focaliser sur l’aide financière à l’adaptation de l’agriculture aux nouveaux impératifs climatiques.

"Malheureusement, l'importance de l'agriculture dans les enjeux climatiques n'est abordée que depuis récemment dans les COP, c'est pour cela que les négociations prennent du temps" a commenté Joël Ruet, un ingénieur civil des mines et économiste, présent à la COP22.

L’Afrique n’était d’ailleurs pas la seule à aborder la question de l’agriculture, le Centre international de recherche agricole dans les zones arides, basé à Beyrouth, a proposé un plan pour améliorer l’irrigation de l’agriculture au Moyen-Orient et en Afrique.

Stratège diplomatique

Le Maroc aura pourtant réussi à mettre l’accent sur l’impératif agricole pour la prochaine COP22 tout comme sur ses propres innovations. Le pays vise aussi avec cette stratégie à affirmer sa volonté de réintégrer l’Union Africaine et de s’inscrire comme un acteur important dans le développement du continent africain selon certains experts. "La COP22 reste donc un succès diplomatique pour le Maroc car c'est unpays qui a su s'engager pour le cimat en acceptant d'être hôte, d'autres pays comme la Chine ont refusé de teni la COP23 par exemple. Et 'autre succès réside dnas le fait qu'il n'y a pas eu de retour en arrière sur les mesures prises par la COP21" argumente Joël Ruet.

En marge de la COP22, le pays a lancé un fond souverain dédié au développement vert du pays et du continent et a amorcé un partenariat avec la banque Mondiale autour de l’économie verte en Afrique.

La centrale solaire Noor à Ouazazate, fleuron du pays en matière de développement durable a aussi bénéficié d’un prêt de 60 millions d’euros par la banque allemande de développement KfW. Si le Maroc a montré ses atouts diplomatiques lors de cette COP22, ceratines ONG craignent que plusieurs des accords bilatéraux signés nuisent au pays comme celui signé avec l'Italie autour de l'importation des déchets.

D'autres critiques ont reproché au Maroc d'avoir montré un visage positif pour cette COP en levant l'interdiction de la VOiP par exemple juste avant la tenue de la conférence. Mais cela ne saurait cacher sur le long termer, les problèmes politiques du pays et les manifestations qui ont eu lieu dans le pays à la suite de la mort brutale d'un vendeur de poissons.

 

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