Ce que je sais sur l'avenir du transport à grande vitesse: Colin Rhys

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À la fin de 2016, l’accord précurseur entre  les Emirats arabes unis et le système de transport à grande vitesse Hyperloop promettait aux utilisateurs de voyager de « Dubaï à Abu Dhabi en 12 minutes » d'ici 2020.

Sans surprise, cette annonce était un peu prématurée.

En Février 2017, Mattar Al Tayer, directeur général et président du conseil d'administration de  l’Autorité des routes et du transport de Dubaï (RTA), a partagé  des avancées plus réalistes sur le développement du projet. Dans le cadre du mandat du “Dubai Future Accelerators Program” (Programme Accélérateurs Dubaï avenir), le protocole d'accord entre Hyperloop et la RTA évaluerait la faisabilité économique et infrastructurelle de la technologie de la société dans les Émirats arabes unis.

Colin Ryhs au premier plan (Images via Hyperloop One)

Comme la technologie elle-même en est encore au stade des certifications de sécurité et d'essais, la RTA et Hyperloop ont commencé des études provisoires pour évaluer l'impact qu'elle aurait sur les Émirats arabes unis, ainsi que des itinéraires proposés vers Dubaï que l’outil piloterait.

Pourtant, Colin Rhys, directeur de la création de Hyperloop One, a de grands espoirs pour  que le lancement du système à grande vitesse commence aux Émirats arabes unis « au début des années 2020 ». En parlant à Wamda, Rhys a insisté qu'un transport du futur avec des voitures volantes n’est pas si tiré par les cheveux, mais peut-être que l’idée est encore un peu plus abstraite qu'il ne voudrait qu’elle le soit. « Nous sommes dans l'ère des fusées. Je ne pense pas qu'il y ait une idée fausse autour de l'avenir du transport. Jamais il n'a été aussi possible d'avoir des voitures volantes, ou des Hyperloops, ou des transports via drones. Mis à part la téléportation - qui elle même devient possible - je ne vois pas une idée qui serait vraiment irréalisable aujourd'hui », a déclaré Rhys.

Les modèles d'entreprise à travers la chaîne d'approvisionnement doivent être remaniés. Je pense que l'idée fausse est [de croire que nous devons continuer] d'employer des technologies vieilles de 60 à 70 ans. Nous continuons de regarder en arrière sur la façon de mettre en œuvre une technologie  ancienne plutôt que de nous tourner vers l’avenir.

Prenez par exemple les navires. Les gens sont habitués à attendre entre 45 à 60 jours que des conteneurs arrivent de la Chine aux États-Unis. Si vous dites: « Je peux vous obtenir ce conteneur en cinq jours », cela ne leur profitera pas à moins qu'ils soient prêts à changer leur business model. Donc, vous voyez comment une  technologie aussi  perturbatrice que celle développée par Hyperloop, affecte tous les maillons de la chaîne d'approvisionnement. Il est très difficile de changer et de faire pivoter l'ensemble de votre business model si vous êtes une compagnie maritime âgée d’une cinquantaine d’années.

Les entraves réglementaires va ralentir le transport à grande vitesse. Les défis pour Hyperloop se trouvent en grande partie à l'intérieur de l'environnement réglementaire; parce que personne n'a jamais testé et certifié un système Hyperloop auparavant.  Le premier défi est de convaincre les organismes mondiaux de réglementation que c'est une technologie sûre et disponible durant l’horizon temporel nécessaire à son déploiement (ou sa commercialisation).  Nous ne pouvons pas passer les 15 à 20 prochaines années à élaborer des politiques Hyperloop. Les gens en ont besoin aujourd'hui. Les modes de transport actuels sont congestionnés.

Des organisations et des entités créent des services Hyperloop dans les organismes gouvernementaux pour étudier ce système. Le service de transport de l'UE nous a inclut dans le budget de l'innovation, et pas dans celui du transport, parce que nous sommes une société de technologie et d'ingénierie. Le groupe le plus solidaire, le plus collaboratif, et avec qui nous avançons rapidement est la RTA.
Sur son site web Hyperloop One a déjà tmaginé à quoi ses stations ressembleraient à Dubaï dans le futur.

Il ne peut fonctionner que dans le cadre d'un réseau. Airbus a récemment lancé son véhicule volant modulaire et c’est vraiment une source d'inspiration pour nous parce que nous voyons d'énormes possibilités d'intégration avec eux. Leur capacité à venir chercher une de nos capsules, et transporter ces capsules ailleurs, est énorme. Mais, pensez à combien d'argent et de temps Airbus a dû investir pour être en mesure de produire ce système; car une fois que vous voyez tous les avantages supplémentaires résultant de la mise en œuvre du  système Hyperloop, tout le monde peut en bénéficier. La meilleure façon de faire  fonctionner Hyperloop est en réseau. Les pays du Golfe peuvent être une série d'arrêts de métro.

Ce sera massif et peu cher. Hyperloop n’est pas un substitut pour n’importe quel mode de transport. Il est la clé qui les relie tous ensemble. Notre deuxième défi est l'adoption massive; parce que cela va prendre du temps pour les gens fassent confiance à ce système. Prenez comme exemple les avions: les gens s’y sont habitués grâce la Première et la Deuxième guerres mondiales.  - Et lorsque l'avion de passagers est arrivé, ils avaient déjà vu des avions pendant une décennie. La première fois que vous entrerez dans un Hyperloop ici à Dubaï, vous ne l’auriez jamais fait auparavant. L'éducation est la clé. Hyperloop aura le même coût que les transports en commun. Ce n’est pas un système qui est construit pour l'élite ou les riches.

 

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